Chaque année, la Journée mondiale de l'eau du 22 mars nous rappelle que l’eau est une ressource précieuse qui est au cœur de nos gestes quotidiens. Pourtant, les produits capillaires que nous utilisons plusieurs fois par semaine finissent, après rinçage, dans les mers et les océans. Leur formulation, c’est-à-dire la manière dont ils sont conçus et composés, a un impact non négligeable sur l’eau et, par extension, sur notre environnement.
Que contient vraiment un produit capillaire ?
Un produit capillaire n’est pas qu’un parfum agréable ou une texture particulière. Sa formulation repose sur un équilibre précis d’ingrédients : tensioactifs pour nettoyer, agents conditionneurs pour démêler, conservateurs pour assurer la stabilité du mélange, polymères pour gainer, parfums et colorants pour l’expérience sensorielle de l’utilisateur.
Le rôle parfois néfaste des tensioactifs
Les tensioactifs, responsables de la mousse, ont un impact qu’il ne faut pas négliger sur l’environnement. Certains, d’origine pétrochimique, peuvent être peu biodégradables ou plus persistants dans les milieux aquatiques. D’autres, issus de ressources végétales et conçus pour être facilement biodégradables, réduisent la pression sur les écosystèmes aquatiques.
La différence ne se voit pas à l’œil nu sous la douche, mais elle est bien réelle une fois le produit évacué vers les stations d’épuration. C’est pourquoi il est fortement conseillé d’éviter les shampoings contenant des sulfates ou autres tensioactifs trop agressifs. Cela limitera les conséquences sur l’écosystème, tout en préservant la peau de votre cuir chevelu. A la place, il vaut mieux opter pour un shampoing sans sulfate et composé d’ingrédients naturels.
Microplastiques et polymères : les ennemis de la faune et de la flore aquatique
Pendant longtemps, certains produits cosmétiques ont intégré des microplastiques solides (microbilles) ou des polymères synthétiques qui mettent énormément de temps à se dégrader dans l’eau. Si leur usage est aujourd’hui davantage encadré dans de nombreuses régions du monde, la question des polymères reste d’actualité.
Dans les soins capillaires, les polymères servent surtout à lisser la fibre, à fixer une coiffure ou à améliorer la texture du cheveu. Selon la nature chimique du polymère, ils peuvent être plus ou moins persistants dans l’environnement. Malheureusement, la substitution n’est pas si simple. Chaque ingrédient joue un rôle précis. Remplacer un polymère synthétique par un dérivé naturel peut modifier la performance, la stabilité et la sensation sur les cheveux. C’est tout l’enjeu de la formulation : concilier efficacité cosmétique et responsabilité environnementale.
Concentration et rinçabilité : des critères essentiels pour moins polluer
Au-delà de la nature des ingrédients, la concentration du produit a un impact direct sur l’eau. Les formules concentrées permettent d’utiliser une plus petite quantité par lavage. Moins de produit utilisé, c’est aussi moins de substances actives rejetées.
La rinçabilité est un autre paramètre souvent sous-estimé. Une formule qui se rince rapidement nécessite moins d’eau sous la douche. À l’échelle individuelle, la différence peut sembler minime. À l’échelle de millions de consommateurs, l’économie d’eau devient significative.
Les shampoings solides illustrent bien cette évolution. En supprimant une grande partie de l’eau contenue dans les formules liquides traditionnelles, ils réduisent le volume transporté, l’emballage et, potentiellement, l’empreinte carbone globale. Mais là encore, tout dépend de la formulation : un produit solide mal conçu, peu biodégradable ou difficile à rincer, peut annuler une partie des bénéfices attendus.
Emballage et cycle de vie du produit
Si la formulation est centrale, elle ne peut être dissociée du reste du cycle de vie du produit. Un shampoing issu de la cosmétique bio mais conditionné dans un emballage non recyclable ou surdimensionné n’est pas sans impact sur l’environnement.
De plus, l’éco-conception vise à intégrer plusieurs paramètres essentiels, comme le choix des matières premières, les procédés de fabrication, le transport, l’usage et la fin de vie du cosmétique. La formulation influe même sur l’emballage. En effet, une formule plus stable et concentrée peut donner la possibilité d'utiliser un flacon plus petit ou rechargeable.
D’autre part, une formule concentrée, comme celle des cosmétiques solides, aura une durée d’utilisation moyenne plus longue, ce qui limitera les déchets et l’empreinte carbone liée à sa fabrication.
La place du consommateur dans tout ça
Face à la complexité des formulations possibles, le consommateur peut se sentir démuni. Pourtant, certains critères simples permettent de faire de meilleurs choix en limitant notre impact sur l’eau et l’environnement. Par exemple :
- Privilégiez les produits affichant une forte biodégradabilité ;
- Optez pour des formules concentrées ou solides ;
- Évitez le surdosage : une simple noisette suffit la plupart du temps ;
- Réduisez la fréquence de lavage lorsque cela est possible ;
- Choisissez des marques transparentes sur l’origine et l’impact des ingrédients utilisés.










